Conférence de presse du 17 mai 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian
2021/05/17

CCTV : Récemment, une escalade continue a été constatée dans le conflit palestino-israélien. Le 16 mai, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a présidé, à titre de Président tournant du Conseil de Sécurité pour le mois de mai, un débat public d'urgence du Conseil de Sécurité sur le conflit palestino-israélien. Quel consensus a été atteint lors de l'événement ?

Zhao Lijian : Ces derniers jours, les tensions en Palestine s'intensifient et Israël et la Palestine ont eu un conflit de la plus grande ampleur depuis 2014. En tant que Président du Conseil de Sécurité pour le mois de mai, la Chine a organisé deux consultations d'urgence du Conseil de Sécurité et a proposé un projet de déclaration du Président du Conseil de Sécurité. Sur cette base, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a présidé le 16 mai un débat public d'urgence du Conseil de Sécurité sur le conflit palestino-israélien pour redoubler d'efforts en vue d'une désescalade de la situation.

Le Conseiller d'État Wang Yi a avancé lors de la réunion une proposition en quatre points sur la réponse à la situation actuelle entre la Palestine et Israël. Il a indiqué que le cessez-le-feu et l'arrêt des violences étaient une urgence, et exhorté les différentes parties concernées, surtout Israël, à faire preuve de retenue et à cesser immédiatement les actions hostiles. Il a déclaré que l'aide humanitaire était une urgence et demandé à toutes les parties de renforcer leur aide humanitaire envers la Palestine afin d'éviter de graves catastrophes humanitaires. Il a souligné que le soutien international était une obligation et appelé la communauté internationale, surtout le Conseil de Sécurité, à prendre des actions énergiques pour encourager un apaisement et une désescalade de la situation. Il a noté que la « solution à deux États » était l'issue fondamentale et soutenait la Palestine et Israël dans la reprise rapide des pourparlers de paix en vue d'un règlement politique de la question de la Palestine.

La plupart des membres du Conseil de Sécurité ont émis une voix commune face à la situation actuelle entre la Palestine et Israël. Ils ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, à empêcher une crise globale, à protéger les civils et à éviter davantage de victimes. Ils ont insisté sur la nécessité du règlement politique et ont appelé la Palestine et Israël à reprendre sans tarder les pourparlers de paix sur la base de la « solution à deux États ». Ils ont estimé que le Conseil de Sécurité devrait parler d'une seule voix, faire avancer le processus de pourparlers de paix de manière juste et œuvrer pour la coexistence pacifique entre la Palestine et Israël. Nous exhortons les États-Unis à assumer les responsabilités qui leur incombent, à adopter une position juste et à travailler avec la majorité de la communauté internationale pour aider le Conseil de Sécurité à jouer le rôle qui lui revient dans l'apaisement de la situation, la reconstruction de la confiance et le règlement politique.

À la présidence tournante du Conseil de Sécurité, la Chine continuera d'encourager le Conseil de Sécurité à s'acquitter de ses fonctions, à jouer son rôle et à apporter sa part de contribution au règlement global, juste et permanent de la question de la Palestine.

Al Jazeera : Toute la communauté internationale est préoccupée par la mort de civils dont des enfants et des femmes dans les bombardements à Gaza. L'allocution prononcée hier par le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi lors d'un débat public du Conseil de Sécurité des Nations Unies a trouvé de grands échos auprès des pays arabes. Mais certains estiment que la Chine n'a pas critiqué les actes d'Israël en termes explicites. Mes collègues à Gaza ont perdu leur bureau à cause des bombardements d'Israël. Quelle est la position de la Chine sur les actes d'Israël ?

Zhao Lijian : Je comprends bien votre préoccupation et inquiétude sur la situation palestino-israélienne actuelle. La Chine et la communauté internationale suivent de près l'escalade continue des tensions palestino-israéliennes et s'en préoccupent vivement. La Chine, à la présidence tournante du Conseil de Sécurité de l'ONU pour le mois de mai, mène toujours des efforts actifs de médiation. Elle a organisé deux réunions d'urgence du Conseil de Sécurité pour discuter du conflit palestino-israélien et a proposé un projet de déclaration du Président du Conseil de Sécurité. Hier, tard dans la nuit pour être plus précis, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a présidé un débat public du Conseil de Sécurité sur la question du conflit palestino-israélien, et a avancé une proposition en quatre points pour répondre à la situation palestino-israélienne, dans le but de contribuer à la désescalade de la situation. Tout à l'heure, j'ai déjà présenté brièvement la proposition concernée de la Chine et les informations du débat. Dans l'ensemble, les réactions de la communauté internationale à ce débat ont été positives. L'opinion que vous avez évoquée n'est partagée que par un très petit nombre de personnes.

Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a affirmé explicitement que la violence, au lieu d'apporter la paix et la tranquillité, ne peut que semer plus de haine. La Chine condamne fortement les violences contre les civils et exhorte encore une fois les deux parties au conflit à cesser immédiatement toute activité militaire et tout acte hostile, et à arrêter les opérations qui aggravent la situation, telles que les raids, les attaques terrestres, et les tirs de roquettes. En particulier, Israël doit faire preuve de retenue, observer scrupuleusement les résolutions pertinentes de l'ONU, cesser de démolir les habitations des Palestiniens et d'exclure les Palestiniens, arrêter l'expansion des colonies de peuplement, mettre fin aux violences, aux menaces et aux provocations contre les musulmans, et préserver et respecter le statu quo historique des lieux saints à Jérusalem.

Il est à souligner que la majorité absolue des membres du Conseil de Sécurité ont émis une même voix à l'égard de la situation palestino-israélienne actuelle. Ils croient tous que le Conseil de Sécurité doit parler d'une seule voix, faire avancer le processus de pourparlers de paix entre la Palestine et Israël de manière juste, et travailler à promouvoir la coexistence pacifique des deux États que sont la Palestine et Israël. Cependant, ce qui est regrettable, c'est que jusqu'à présent le Conseil de Sécurité n'ait pas pu parler d'une seule voix à cause de l'opposition d'un certain pays. Nous appelons les États-Unis à assumer leurs responsabilités, à adopter une position juste et à soutenir le Conseil de Sécurité afin qu'il joue le rôle qui lui revient pour apaiser la situation, rétablir la confiance et parvenir à un règlement politique.

À la présidence tournante du Conseil de Sécurité, la Chine continuera de travailler à assurer que le Conseil de Sécurité remplisse ses fonctions et joue son rôle pour apporter sa part de contribution au règlement de la question palestinienne d'une manière globale, juste et permanente.

Sky News : L'Administration nationale de l'Aéronautique et de l'Espace (NASA) des États-Unis a accusé la Chine d'avoir agi de manière irresponsable en laissant des débris de sa fusée tomber sur la Terre de façon incontrôlée. La partie chinoise prendra-t-elle des mesures pour s'assurer que les lancements concernés futurs soient « plus responsables » ?

Zhao Lijian : La déclaration concernée des États-Unis que vous avez mentionnée est totalement infondée et injustifiée.

Global Times : La sonde Tianwen-1 de la première mission d'exploration de Mars de la Chine s'est posée avec succès sur Mars le 15 mai. Le Chef adjoint de la NASA a tweeté ses félicitations, indiquant qu'il s'attendait à ce que cette mission apporte une contribution importante à l'amélioration de la connaissance humaine à l'égard de Mars. Le Directeur général de la Roscosmos a déclaré qu'il s'agissait d'un grand succès du programme de recherche spatiale de la Chine. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Zhao Lijian : L'atterrissage réussi de la sonde Tianwen-1 sur Mars a suscité une grande attention de la part de la communauté internationale. Outre les États-Unis et la Russie que vous avez mentionnés, l'Agence spatiale européenne (ASE), et les agences spatiales ainsi que des experts en la matière de France, d'Autriche, d'Argentine, d'Afrique du Sud et d'autres pays ont également exprimé leurs chaleureuses félicitations à la partie chinoise. La Chine y exprime sa sincère gratitude.

Comme l'a dit le Président Xi Jinping dans son message de félicitations, l'atterrissage de la sonde Tianwen-1 sur Mars marque une étape importante dans la marche d'exploration interplanétaire de la Chine, et un pas en avant de son exploration qui passe du système Terre-Lune à une exploration interplanétaire, laissant pour la première fois une empreinte chinoise sur Mars. Il s'agit d'un autre jalon posé dans le développement de l'industrie spatiale de la Chine.

L'univers porte les aspirations du peuple chinois depuis des milliers d'années. De Shenzhou, Chang'e et Yutu à Tiangong et Tianwen, le peuple chinois a inscrit dans ces beaux noms son espoir infini pour les étoiles lointaines et l'espace inconnu. Le rover martien transporté sur l'atterrisseur Tianwen-1 est nommé « Zhurong ». Zhu Rong est le dieu du feu dans la mythologie chinoise ancienne. L'utilisation du feu, en dissipant les ténèbres et en apportant de la chaleur, a contribué au développement de la civilisation humaine. La nomination de « Zhurong » signifie la vision consistant à allumer la flamme de l'exploration interplanétaire de la Chine et à inspirer les travailleurs dans le secteur spatial pour qu'ils se dépassent et poursuivent leurs rêves spatiaux sans cesse.

Dans l'univers réside également le rêve commun de toute l'humanité. La Chine, qui s'engage depuis toujours à utiliser pacifiquement l'espace extraterrestre, a activement mené des échanges et une coopération internationaux concernés pour partager les fruits de son développement spatial. La Chine continuera de promouvoir la coopération internationale de manière ouverte et inclusive dans un esprit soucieux du bien-être de toute l'humanité, afin d'apporter une nouvelle contribution plus importante à la noble cause de l'exploration des mystères de l'univers et de la promotion de la paix et du développement de l'humanité !

South China Morning Post : Le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a évoqué dans son discours prononcé au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies que la Chine souhaitait la bienvenue aux représentants palestiniens et israéliens pour des négociations directes en Chine. La Chine a-t-elle déjà invité les deux parties ou envisage-t-elle de le faire ?

Zhao Lijian : La Chine suit toujours de près le processus de paix au Moyen-Orient et encourage depuis tout le temps les pourparlers de paix à sa manière. Nous restons en contact avec toutes les parties pour mettre en œuvre la proposition du Conseiller d'État Wang Yi afin de faire progresser le processus de pourparlers de paix entre la Palestine et Israël et le règlement global, juste et rapide de la question de la Palestine.

The Paper : Un grand nombre de pays en développement espèrent lever les droits de propriété intellectuelle (DPI) pour les vaccins anti-COVID-19. Quelle est la position de la Chine à cet égard ?

Zhao Lijian : La pandémie de COVID-19 continue de se propager à l'échelle mondiale, et le vaccin représente une arme puissante pour vaincre le virus. En tant que plus grand pays en développement et membre responsable de la communauté internationale, la Chine fera tout ce qui est favorable à la lutte contre la pandémie dans les pays en développement. La Chine soutient toutes les actions qui peuvent aider les pays en développement à acquérir des vaccins de manière équitable. Ce qui reflète la nature des vaccins anti-COVID-19 en tant que « bien public mondial », et est inhérent à la construction d'une communauté de santé pour tous. Dans ce contexte, la Chine comprend parfaitement et soutient l'appel des pays en développement à la levée des DPI pour les vaccins anti-COVID-19.

Depuis un certain temps, malgré sa population énorme et sa pénurie d'approvisionnement en vaccins, la Chine a déployé des efforts constants pour apporter une contribution concrète à la promotion de l'accessibilité et de l'abordabilité des vaccins dans les pays en développement. La Chine a fourni une aide en matière de vaccins à plus de 80 pays et à 3 organisations internationales, exporté des vaccins dans plus de 50 pays et travaillé avec plus de 10 pays en développement, y compris l'Égypte et les Émirats arabes unis, sur le transfert de technologies et la coopération en matière de production de vaccins, afin de faire progresser rapidement la production à grande échelle de vaccins. Récemment, après que le vaccin de Sinopharm a été autorisé pour une utilisation d'urgence par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Chine travaille activement à fournir des vaccins au mécanisme COVAX. En outre, la Chine a annoncé qu'elle fournirait des vaccins aux missions de maintien de la paix de l'ONU et au Comité international olympique, et a déjà enregistré des progrès encourageants en la matière.

La Chine continuera de contribuer à favoriser l'équité et l'accessibilité des vaccins dans les pays en développement. Nous appelons également les pays qui ont la capacité de le faire à soutenir et à aider, par des actions concrètes, les pays en développement pour qu'ils acquièrent des vaccins, et à œuvrer pour la victoire rapide de l'humanité sur le virus.

Bloomberg : Certains journalistes et analystes ont récemment visité les installations au Xinjiang de la société Daqo New Energy. Celle-ci a affirmé qu'elle comptait engager une tierce partie pour auditer ses opérations en réponse aux allégations de « travail forcé » au Xinjiang. Le gouvernement chinois estime-t-il que davantage d'entreprises chinoises devraient le faire ? Certains experts affirment que la Chine devrait autoriser des audits imprévus, sans entrave et non supervisés des entreprises concernées. Quelle est la position du Ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?

Zhao Lijian : Les entreprises concernées ont répondu à vos questions lors de la 8e conférence de presse de la région autonome ouïgoure du Xinjiang tenue à Beijing sur les questions liées au Xinjiang. Vous pouvez le consulter.

Ce que je voudrais souligner ici, c'est qu'il n'y a pas de « travail forcé » au Xinjiang, mais seulement l'emploi volontaire et le choix indépendant de métier. Les mensonges et les rumeurs sur le « travail forcé » fabriqués par certaines forces antichinoises visent à réprimer à tout prix les entreprises et industries chinoises concernées et à servir leurs sinistres desseins pour déstabiliser le Xinjiang et contenir la Chine. La porte du Xinjiang est toujours ouverte. Nous serons heureux d'y accueillir des amis et des institutions impartiaux et objectifs de tous les pays. Toutefois, nous sommes opposés à une prétendue « enquête basée sur la présomption de culpabilité » et aux attaques et calomnies contre la Chine fondées sur des mensonges. La Chine continuera de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises.

Beijing Youth Daily : Selon des reportages, le Ministre des Affaires maritimes et de la Pêche de la République de Corée a récemment adressé une lettre au Secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), disant que la décision unilatérale du Japon du rejet dans la mer de l'eau contaminée de Fukushima sans avoir négocié avec la République de Corée pourrait causer un grave préjudice à la sécurité des pays voisins et à la mer. La République de Corée demande à l'OMI d'envisager de coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour traiter l'eau contaminée du Japon d'une manière acceptable pour la communauté internationale, conformément à l'objectif de la Convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets et de son protocole. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Zhao Lijian : Nous avons pris note des reportages concernés et exprimons notre compréhension et soutien aux actions de la République de Corée.

Cela fait plus d'un mois que le Japon a annoncé unilatéralement sa décision erronée, qui a suscité une forte inquiétude et une opposition unanime de la communauté internationale, notamment des pays voisins comme la Chine et la République de Corée, ainsi que de l'intérieur du Japon. Malheureusement, le gouvernement japonais a fait la sourde oreille aux protestations de nombreux gouvernements, organisations internationales, groupes environnementaux et peuples de divers pays et n'a pas encore répondu directement aux graves préoccupations de la communauté internationale.

La décision du Japon d'évacuer l'eau contaminée mettra en danger la sécurité des écosystèmes maritimes dans le monde ainsi que la vie et la santé des peuples de tous les pays. La décision du Japon n'est ni transparente ni responsable. La partie japonaise n'a gagné que ses intérêts égoïstes, mais a laissé à la communauté internationale et aux générations futures des problèmes sans fin. Le gouvernement japonais devra faire face à ses propres responsabilités et s'abstenir de rejeter arbitrairement l'eau contaminée dans la mer avant de trouver un consensus avec les parties concernées et les institutions internationales.

PTI : Sur la question du vaccin anti-COVID-19, si j'ai bien compris, vous dites que la Chine n'a aucun problème à lever pour le moment les brevets des vaccins anti-COVID-19, afin d'aider d'autres pays à produire davantage de vaccins. Ma compréhension est-elle correcte ?

Zhao Lijian : Je répète ce que j'ai dit : la Chine comprend parfaitement et soutient l'appel des pays en développement à la levée des DPI pour les vaccins anti-COVID-19.