Conférence de presse du 3 septembre 2021 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin
2021/09/03

CCTV: Aujourd'hui marque le 76e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste. Nous avons noté que ce matin, la Chine et la Russie ont organisé un événement commémoratif au musée de la forteresse de Dongning, à Mudanjiang, dans la province du Heilongjiang, auquel le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi et le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont respectivement adressé un message. Pourriez-vous nous en fournir plus de détails ?

Wang Wenbin : Il y a 76 ans, la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de la Guerre de l'Union soviétique contre le Japon a marqué la victoire finale de la Guerre mondiale antifasciste. La bataille de la forteresse de Dongning a été la dernière bataille de la Guerre mondiale antifasciste. Comme l'a dit aujourd'hui le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi lors de l'événement commémoratif au musée de la forteresse de Dongning, cette bataille a été un témoignage important de la lutte côte à côte des peuples chinois et russe. La victoire de la bataille a montré que toute forteresse réactionnaire, aussi puissante soit-elle, serait écrasée par les forces de paix et de justice. La grande victoire d'il y a 76 ans a revêtu une importance particulière pour la Chine et la Russie et pour l'histoire de l'humanité tout entière. Et le système international centré sur les Nations Unies et l'ordre international fondé sur le droit international, établis après la guerre, ont joué un rôle irremplaçable dans la cause de la paix, du progrès et du développement de l'humanité.

L'histoire ne peut être niée et la justice ne doit pas être profanée. Les acquis de la victoire de la Guerre mondiale antifasciste doivent être effectivement respectés et observés. Mais jusqu'à ce jour, certains continuent de tenter de nier ou même d'embellir l'histoire de l'agression, ce qui constitue une grave provocation contre la conscience de l'humanité et la justice internationale. Les peuples chinois et russe ne l'accepteront pas, de même les peuples épris de paix dans le monde entier. Nous travaillerons avec tous les pays du monde, dont la Russie, pour nous opposer résolument à tout acte erroné allant à contre-courant de l'histoire, sauvegarder fermement les acquis de la victoire de la Seconde Guerre mondiale ainsi que l'équité et la justice internationales, défendre fermement le système international centré sur les Nations Unies et l'ordre international fondé sur le droit international, et préserver fermement la paix et la tranquillité dans le monde.

Agence de presse Sputnik : J'ai deux questions. Premièrement, selon Al Jazeera, les Talibans ont décidé de lancer une offensive contre la province du Panjshir après l'échec des négociations avec les forces de résistance locales. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ? Quel impact cela aura-t-il sur la situation en Afghanistan ? Deuxièmement, selon des informations, le 13e Sommet des BRICS se tiendra en Inde en septembre. Les parties participantes engageront-elles des consultations sur la situation en Afghanistan ? Pourriez-vous présenter les informations concernées ?

Wang Wenbin : Tout d'abord, concernant votre première question, la Chine espère sincèrement que toutes les parties en Afghanistan répondront à l'aspiration ardente du peuple afghan et à l'attente générale de la communauté internationale, résoudront les divergences par la consultation, assureront une transition en douceur de la situation en Afghanistan afin que le peuple afghan, qui a tant souffert de la guerre, puisse s'éloigner de la guerre et du chaos dans les plus brefs délais, et établir une paix durable.

En ce qui concerne votre deuxième question, les BRICS constituent une plateforme importante pour la coopération entre les marchés émergents et les grands pays en développement, représentent une force active, stable et constructive dans les affaires internationales et ont une tradition de maintenir la communication et la coordination et de prendre conjointement position sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun. Les pays des BRICS continueront de le faire en tirant parti de diverses occasions. En fait, récemment, les pays des BRICS ont mené une communication et une coordination sur la question afghane par le biais des mécanismes tels que la Réunion des hauts représentants chargés des affaires sécuritaires.

AFP : J'ai deux questions. L'Organisation mondiale du Commerce (OMC) a statué en faveur des États-Unis pour imposer des restrictions à l'importation de panneaux solaires chinois. Quels sont les commentaires de la Chine à cet égard ? Et le fonctionnement continu de l'Ambassade de Chine en Afghanistan signifie-t-il que la Chine reconnaîtra le nouveau gouvernement qui sera mis en place prochainement par les Talibans afghans ?

Wang Wenbin : Concernant votre première question, la Chine y exprime ses regrets.

Sur la deuxième question, l'Ambassade de Chine en Afghanistan est un canal important pour les échanges sino-afghans, et elle fonctionne actuellement normalement. La Chine espère sincèrement que toutes les parties en Afghanistan répondront à l'aspiration du peuple afghan et à l'attente de la communauté internationale, mettront en place une structure politique ouverte et inclusive, poursuivront des politiques intérieures et extérieures modérées et prudentes, rompront définitivement les liens avec toutes sortes d'organisations terroristes et vivront en bonne entente avec les autres pays du monde, en particulier les pays voisins. Le nouveau gouvernement de l'Afghanistan n'est pas encore formé, et nous le suivons de près et l'observons.

NHK : Le Premier Ministre japonais Yoshihide Suga a déclaré aujourd'hui qu'il ne se représenterait pas à la tête du Parti libéral-démocrate lors de l'élection en septembre, ce qui signifie qu'une autre personne sera élue Premier Ministre du Japon. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Wang Wenbin : Nous avons remarqué les reportages concernés. Il s'agit des affaires intérieures du Japon et la Chine ne fait pas de commentaires là-dessus.

China Daily : Le 2 septembre, le Forum sur le 20e anniversaire de l'assistance Juncao et la coopération en matière de développement durable s'est tenu à Beijing. Le Président Xi Jinping a envoyé au forum une lettre de félicitations. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi y a participé et prononcé un discours. Pourriez-vous fournir plus de détails ?

Wang Wenbin : Ce forum a été co-organisé par l'Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA) et le gouvernement populaire de la province du Fujian. La technologie Juncao trouve son origine en Chine et bénéficie au monde entier. Il s'agit d'une pratique réussie de la Chine dans ses explorations pour la réduction et la sortie de la pauvreté, et également d'une contribution importante de la Chine au développement durable dans le monde entier. Au cours des 20 ans écoulés, grâce à l'engagement et à la promotion du Président Xi Jinping, la Chine a organisé 270 classes de formation internationale de la technologie Juncao et a formé plus de 10 000 personnes venant de 106 pays. Abordable et efficace, la technologie Juncao peut donner de prompts résultats et bénéficier au bien-être du peuple. Elle s'est déjà répandue dans plus de 100 pays et y a créé des centaines de milliers d'emplois verts. La technologie Juncao a contribué à la cause de la réduction de la pauvreté et a apporté aux peuples locaux des bénéfices et de l'espoir. Ce beau chapitre est devenu un emblème important des assistances chinoises à l'étranger pour réduire la pauvreté. Aujourd'hui, dans des pays en développement comme, entre autres, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Rwanda et les Fidji, l'on entend toujours parler des histoires liées au Juncao chinois.

« Herbe de bonheur » et « herbe d'enrichissement » pour les peuples des pays en développement, le Juncao reflète également les concepts scientifiques et les pratiques réussies de la Chine en ce qui concerne la valorisation de la coexistence harmonique entre l'homme et la nature, la réalisation du développement commun avec tous les pays, ainsi que la mise en œuvre accélérée du Programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations Unies. De l'élimination de la pauvreté au développement de l'énergie propre, de l'égalité des sexes à la biodiversité, la technologie Juncao est en train de faciliter la réalisation de plusieurs objectifs du Programme de développement durable à l'horizon 2030, et a fourni des assistances aux pays le long de « la Ceinture et la Route » et à de nombreux pays en développement.

Actuellement, l'impact de la COVID-19 demeure un défi important pour la cause du développement international. En ce moment crucial, la coopération solidaire et le sens des responsabilités sont d'autant plus précieux. Fidèle à son engagement initial de construire une communauté d'avenir partagé pour l'humanité, la Chine fera de son mieux pour soutenir davantage de pays en développement dans leur développement durable. Nous sommes convaincus qu'avec les efforts conjoints de tous les pays, plus d'histoires de développement durable comme celle de la technologie Juncao émergeront, et la société humaine a devant elle un avenir plus prospère et plus radieux.

CGTN : Peu avant, après la publication du soi-disant rapport sur l'identification des origines de la COVID-19 par les services de renseignement américains, des fonctionnaires et chercheurs de plusieurs pays tels que le Venezuela, Cuba, la Russie et le Pakistan ont présenté leurs critiques sur ce rapport. Récemment, nous avons remarqué que plus de pays ont exprimé publiquement leur opposition à la politisation de la question des origines du virus. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : J'ai pris note des reportages concernés. Récemment, plusieurs pays ont remis en question et critiqué la mobilisation des services de renseignement par les États-Unis pour rechercher les origines de la COVID-19.

Le Ministre zimbabwéen des Affaires étrangères a indiqué dans une déclaration que la soi-disant « apparition de l'épidémie à cause d'une fuite de virus » manquait de preuves scientifiques et que la tentative d'imputer à la Chine la responsabilité de la pandémie sur cette base ne marchait pas. Les Ministères des Affaires étrangères du Bélarus, de la Syrie et de Djibouti ont exprimé dans des déclarations leur opposition ferme à la politisation et à l'instrumentalisation de la pandémie ainsi qu'à des enquêtes de renseignement sur les origines du virus visant la Chine avec une présomption de culpabilité, et ont souligné que le recours aux services de renseignement ou à d'autres institutions non scientifiques n'était pas constructif et ne conduirait qu'à la division. Les Ministères de la Santé du Myanmar et du Cambodge ont publié des déclarations soulignant que l'identification des origines de la COVID-19 était une question scientifique et s'opposant aux allégations infondées ou pressions politiques imposées sur les autres pays. Des porte-paroles des Ministères russe et laotien des Affaires étrangères ont déclaré que le rapport publié par les services de renseignement américains sur l'identification des origines du virus constituait un autre dénigrement de cette question scientifique et que le recours à des agences non scientifiques et non professionnelles pour rechercher les origines du virus faisait dévier la coopération mondiale en la matière de la bonne direction.

Il n'y a pas longtemps, plus de 80 pays ont écrit au Directeur général de l'OMS, fait des déclarations ou envoyé des notes diplomatiques pour demander à la préservation des conclusions scientifiques du rapport conjoint Chine-OMS sur l'identification des origines de la COVID-19. Plus de 300 partis politiques, organisations sociales et think-tanks de plus de 100 pays et régions ont soumis au Secrétariat de l'OMS une déclaration conjointe exprimant l'opposition à la politisation de la recherche des origines du virus.

La réponse de la communauté internationale a parfaitement illustré le fait que la politisation de l'identification des origines du virus par les États-Unis était impopulaire et leur tentative de rejeter leurs responsabilités sur autrui sous le couvert de la recherche des origines ne pouvait jamais réussir. La communauté internationale doit écarter les perturbations du virus politique pour créer un environnement favorable à l'identification scientifique des origines du virus.

Bloomberg : Le porte-avions britannique « Queen Elizabeth » accostera au Japon ce mois-ci après les exercices militaires conjoints avec les États-Unis et le Japon. Quels sont les commentaires de la Chine sur la récente coopération militaire entre ces trois pays dans la région du Pacifique ?

Wang Wenbin : Faire étalage des forces militaires n'est pas constructif. Nous espérons que les pays concernés joueront un rôle constructif pour la paix et la stabilité dans la région Asie-Pacifique, au lieu de faire le contraire.

Kyodo News : Nous savons que l'un des principes de la diplomatie chinoise est de ne pas commenter les affaires intérieures d'autrui. Mais nous avons également remarqué que le changement fréquent de Premier Ministre au Japon avait un impact sur ses relations diplomatiques avec les autres pays. Maintenant, nous ne savons pas qui sera le prochain Premier Ministre du Japon, mais peu importe, quelles sont les attentes du gouvernement chinois pour le Japon dans le domaine de la diplomatie ?

Wang Wenbin : Nous ne faisons pas de commentaires sur les affaires intérieures du Japon. Notre position sur la question des relations sino-japonaises est constante et claire. Nous espérons que les relations sino-japonaises pourront maintenir un développement sain et régulier.

The Paper : Selon des reportages, le 2 septembre, la Chine et la République de Corée ont organisé une cérémonie de transfert à l'aéroport international d'Incheon en République de Corée, au cours de laquelle la République de Corée a restitué à la Chine les dépouilles de martyrs des Volontaires du peuple chinois (VPC), et il s'agit du huitième transfert de ce type. Pouvez-vous nous donner plus d'informations ? Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

Wang Wenbin : Hier matin, la Chine et la République de Corée ont organisé à l'aéroport international d'Incheon la cérémonie de transfert du huitième groupe de dépouilles des martyrs des VPC. Au cours de cette cérémonie, la République de Corée a restitué à la Chine les dépouilles et les reliques appartenant à 109 martyrs. Il s'agit du huitième transfert du genre organisé par les deux pays, conformément au principe humanitaire et dans un esprit d'amitié et de coopération. À ce jour, les dépouilles de 825 martyrs des VPC sont retournées dans leur patrie.

Au cours des huit dernières années, le travail de restitution des dépouilles des martyrs des VPC s'est déroulé sans heurts grâce à l'attention des dirigeants des deux pays et aux efforts conjoints des deux parties. Cette coopération d'une importance particulière manifeste l'aspiration commune de la Chine et de la République de Corée à dépasser la barrière historique et à créer un avenir de paix et d'amitié et constitue un résultat important des relations entre la Chine et la République de Corée qui progressent avec le temps. Nous sommes prêts à travailler avec la République de Corée pour poursuivre le travail lié à la restitution des dépouilles des martyrs des VPC afin que davantage de martyrs des VPC puissent retourner dans leur patrie le plus tôt possible. Nous pensons qu'avec les efforts conjoints des deux parties, les relations d'amitié et de coopération entre la Chine et la République de Corée connaîtront sûrement un plus grand développement.

Bloomberg : Ce matin, avant l'annonce par le Premier Ministre japonais Yoshihide Suga de sa démission, l'ancien Ministre japonais des Affaires étrangères Fumio Kishida a dit dans une interview que Taiwan était en première ligne de la confrontation entre la Chine et les États-Unis et qu'il avait un fort sentiment que le détroit de Taiwan serait le prochain grand problème. Kishida est actuellement le seul candidat qui se présente officiellement aux élections du Premier Ministre au Japon. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères ?

Wang Wenbin : Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. La question de Taiwan touche au fondement politique des relations sino-japonaises. Sur la question de Taiwan, le Japon porte des responsabilités historiques envers le peuple chinois et devrait être particulièrement prudent dans ses paroles et ses actions. Nous exhortons solennellement les personnalités japonaises concernées à s'abstenir de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et d'envoyer des signaux erronés aux forces prônant l'« indépendance de Taiwan » sous quelque forme que ce soit.

Beijing Daily : Selon des informations, la cérémonie de remise des vaccins et du matériel antiépidémique offerts par le gouvernement chinois au Myanmar a eu lieu dans la matinée du 3 septembre. Pourriez-vous en présenter plus de détails ?

Wang Wenbin : La Chine et le Myanmar sont liés par des montagnes et des rivières, et les peuples des deux pays entretiennent une amitié « paukphaw (fraternelle) ». Depuis juillet dernier, la situation de la pandémie de COVID-19 continue de s'aggraver au Myanmar. Le gouvernement chinois a décidé d'offrir, en plus de son aide précédente, un nouveau lot de vaccins et de matériel antiépidémique au Myanmar, afin d'aider le pays à faire face au virus. Cette décision a été annoncée par le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi lors de la conférence des donateurs pour l'aide humanitaire de l'ASEAN au Myanmar tenue le 18 août.

Grâce à une coordination sincère de la CIDCA, du Ministère chinois du Commerce, du Ministère chinois des Affaires étrangères et du gouvernement provincial du Yunnan, tous les vaccins et les fournitures sont maintenant déjà arrivés au poste frontière du Yunnan et seront livrés au Myanmar par lots à partir du 3 septembre. Des représentants de la CIDCA, du Ministère des Affaires étrangères, du gouvernement provincial du Yunnan, des missions diplomatique et consulaires de Chine au Myanmar, des départements concernés du Myanmar et du Secrétariat de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) ont assisté à la cérémonie de remise du matériel en ligne. Il s'agit d'une action concrète de la Chine pour mettre en œuvre l'importante déclaration du Président Xi Jinping de faire des vaccins un bien public mondial. Cela a également pleinement démontré l'esprit de la communauté d'avenir partagé Chine-Myanmar marqué par l'entraide et la solidarité.

South China Morning Post : L'Envoyé spécial du Président américain pour le climat John Kerry a déclaré, après s'être entretenu hier avec des responsables chinois, que les questions climatiques n'étaient pas des armes géopolitiques et que la Chine devrait faire davantage pour lutter contre le changement climatique. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ? Par ailleurs, quelles sont les attentes de la Chine sur l'issue de ces entretiens sino-américains sur le climat ?

Wang Wenbin : Conformément au principe de responsabilités communes mais différenciées énoncé dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et à la disposition institutionnelle de contributions déterminées au niveau national (CDN) établie par l'Accord de Paris, les parties contractantes jouissent d'une souveraineté sur les objectifs et les actions de réduction des émissions. Comme l'a proposé le Président Xi Jinping, notre lutte contre le changement climatique n'est pas quelque chose que les autres nous demandent, mais quelque chose que nous voulons faire nous-mêmes. La Chine a toujours travaillé à promouvoir la civilisation écologique et pris des actions concrètes dans la gouvernance climatique mondiale. Sur la base du dépassement de ses objectifs climatiques pour 2020 avant la date prévue, la Chine a annoncé l'année dernière sa vision et ses objectifs pour atteindre le pic de ses émissions de CO2 et la neutralité carbone, ainsi que de nouveaux objectifs pour les CDN. Nous joindrons nos actes à nos paroles. L'engagement climatique de la Chine a été largement salué par la communauté internationale.

Je voudrais également souligner que si les pays développés ont généralement mis cent ou deux cents ans pour passer de l'industrialisation au pic de leurs émissions de CO2, la Chine mettra seulement un peu plus de 50 ans. Pour parvenir à la neutralité carbone à partir du pic de leurs émissions de CO2, l'Union européenne (UE) mettra 71 ans, les États-Unis 43 ans, le Japon 37 ans, tandis que la Chine s'est fixé un délai de 30 ans. La Chine, le plus grand pays en développement du monde, réalisera la plus forte réduction d'intensité d'émissions de carbone au monde dans le délai le plus court dans l'histoire. Cela fait pleinement voir le sens des responsabilités de la Chine en tant que grand pays responsable.

Les États-Unis doivent assumer leurs propres responsabilités juridiques et développer une coopération significative avec les pays en développement dans le domaine du changement climatique. Nous espérons que la partie américaine traitera la Chine et les relations sino-américaines de manière objective et rationnelle, déplacera les « pierres d'achoppement » sur la voie de la coopération sino-américaine en matière de changement climatique et fera, sur la base des principes de respect mutuel, d'égalité et de bénéfice mutuels, en sorte que les deux parties puissent enregistrer davantage de résultats dans leur coordination et coopération dans le changement climatique et d'autres domaines.

Reuters : Vous venez de mentionner que les États-Unis devraient déplacer les « pierres d'achoppement ». Pourriez-vous nous préciser de quoi s'agit-il ces « pierres d'achoppement » ?

Wang Wenbin : Comme je l'ai déjà dit, nous espérons que les États-Unis pourront traiter la Chine et les relations sino-américaines de manière objective et rationnelle et promouvoir, conformément aux principes de respect mutuel, d'égalité et de bénéfices mutuels, la coordination et la coopération entre les deux parties dans le changement climatique et d'autres domaines, afin d'obtenir davantage de résultats. Cela profitera à la fois à la Chine et aux États-Unis, ainsi qu'à toute l'humanité.

Reuters : Je voudrais poser une question sur l'Afghanistan. Quelle est la position de la Chine sur l'accueil des réfugiés afghans ?

Wang Wenbin : La Chine traite toujours les questions concernées dans l'esprit de la Convention relative au statut des réfugiés des Nations Unies et de ses protocoles. Nous estimons que la priorité absolue pour le moment est de promouvoir un atterrissage en douceur de la situation en Afghanistan pour éviter de nouvelles guerres civiles ou des catastrophes humanitaires, et de prévenir au mieux de nos capacités des blessés et morts inutiles et de grandes vagues de réfugiés. En même temps, nous tenons également à souligner que les pays concernés devraient être tenus pour responsables de ce qu'ils ont fait au cours des 20 dernières années et ne devaient pas simplement s'en aller après avoir créé de grandes catastrophes en Afghanistan et faire porter la responsabilité aux pays voisins de l'Afghanistan et à la communauté internationale.

Reuters : La Chine mènera-t-elle une coopération avec l'Afghanistan dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route » dans un proche avenir ?

Wang Wenbin : La Chine et l'Afghanistan sont des pays voisins amis traditionnels. La Chine poursuit toujours une politique d'amitié envers l'ensemble du peuple afghan. Depuis longtemps, elle a activement soutenu la paix et la reconstruction en Afghanistan, a fourni une aide considérable à la construction économique et sociale en Afghanistan et a joué un rôle positif dans le renforcement des capacités d'auto-développement de l'Afghanistan et dans l'amélioration du bien-être du peuple afghan. La coopération sino-afghane dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route » a également apporté des avantages tangibles aux deux peuples. Nous avons remarqué que les Talibans afghans avaient exprimé leur engagement à créer un bon environnement pour les investisseurs étrangers, estimé que l'Initiative « la Ceinture et la Route » pourrait contribuer au développement et à la prospérité de l'Afghanistan et de la région, et fait entendre leur souhait de continuer de soutenir activement la construction de l'Initiative « la Ceinture et la Route » et d'y prendre une part active. Nous espérons que la situation en Afghanistan réalisera une transition en douceur, et que la paix et la stabilité durables s'y instaureront. C'est la condition préalable à la coopération de l'Afghanistan avec l'étranger dans la prochaine étape et la base des investissements et du développement des entreprises du monde entier en Afghanistan.